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Populations des Montagnes africaines



Il n’existe toujours pas de définition exacte des montagnes qui puisse s’appliquer et soit reconnue universellement, même si certaines caractéristiques sont propres à ces écosystèmes.

 

Les montagnes se différencient avant tout géographiquement, elles sont différentes par leur altitude, leur forme, leur géologie, leur environnement. Cette réalité physique de la montagne s’accompagne de composantes socioculturelles bien particulières.

Les habitants de la montagne sont appelés à être les premiers gardiens de leur biodiversité. Ils ont appris depuis longtemps à connaître l’intérêt de l’alternance des cultures, des terrasses, d’une exploitation forestière durable garantissant nourriture, fourrage et bois de chauffe. Et pourtant, ces connaissances sont souvent ignorées par ceux qui n’appartiennent pas aux communautés de montagne.

Aujourd’hui, les montagnes sont confrontées à certaines « tensions » : problèmes démographiques, appauvrissement des ressources naturelles, disparition de certaines plantes et espèces animales, dégradation des bassins versants.

Loin des centres décisionnels, les populations montagnardes ont peu d’influence sur les politiques qui déterminent leur vie, et qui contribuent à dégrader le cadre de leur habitat.

Elles restent parmi les populations les plus pauvres et les plus isolées.

L’Etre humain est à la fois un être biologique et social. Il a toujours entretenu des relations très étroites avec son milieu naturel, pour garantir son existence et celle des générations futures. Il a recours aux ressources naturelles de son environement immédiat pour se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner mais aussi pour accomplir certaines actions relevant de sa culture non matérielle (rites médicaux-magiques et magico-religieux...).

L’Afrique renferme encore de larges étendues de montagnes abritant des populations de diverses cultures qui dépendent directement de la montagne. Les savoirs, les savoirs-faire et les pratiques quotidiennes de ces populations font partie d’un patrimoine culturel unique qu’il convient de sauvegarder et de valoriser. Ils témoignent des relations intimes développées entre les êtres humains et leur environnement.

Certaines de ces connaissances, favorables à un prélèvement rationnel des ressources, peuvent être mises à contribution dans le cadre de la gestion durable des ecosystémes de Montagne.

L’exode rural et l’établissement dans les villes contribuent largement à la perte de certains repères ou valeurs culturelles. C’est le cas des interdits ou des règles traditionnelles de gestion des ressources naturelles qui favorisent, en milieu rural, la pérennité des ressources exploitées.
Cette perte de repères culturels associée aux contextes économiques de pauvreté ou de répartition inéquitable des richesses nationales est à l’origine d’une forte pression sur les ressources naturelles au mépris des normes traditionnelles et modernes de gestion.

L’exploitation forestière purement spéculatrice, pratiquée sans plan d’aménagement, entraîne une dégradation des forêts suite à la mauvaise planification des réseaux routiers, aux repasses excessives sur les zones déjà exploitées ainsi qu’à la perturbation des systèmes hydriques. Elle favorise en outre la pénétration des populations rurales locales aussi bien que celles provenant des villes, provoquant une dégradation forestière accrue par l’agriculture et la chasse incontrôlées.

Le Nigeria, avec une population d’environ 123 millions d’habitants, a vu la demande en produits vivriers et commerciaux augmenter fortement au cours du siècle passé. Cela s’est traduit par l’expansion des cultures vivrières et commerciales aux dépens des forêts.

Les déplacements de populations d’un pays à un autre pour des motifs économiques ou suite aux conflits politiques contribuent largement à la destruction de l’environnement.

Par exemple, l’immigration en provenance des pays voisins de la Côte d’Ivoire a largement contribué à l’accélération du processus de déforestation par l’expansion des surfaces cultivées.

Les conflits politiques, à l’exemple des guerres en République Démocratique du Congo et au Rwanda, ont provoqué des déplacements massifs de populations avec des conséquences graves sur la destruction de l’environnement.

La gestion durable des écosystèmes des Montagnes d’Afrique passe par une bonne analyse des relations entre les hommes et leur environnement. Cela ne peut se faire que par une valorisation des pratiques culturelles favorables à une utilisation durable des ressources et la limitation des impacts de celles qui conduisent à leur disparition.

Il ne peut y avoir de gestion saine de l’environnement sans la prise en compte des besoins des êtres humains qui y vivent, leur épanouissement et leur participation aux choix de gestion effectués par les gouvernements.



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